Intermittents ou la lutte de classe contemporaine


Les intermittents sont aujourd’hui les porteurs de flamme de la lutte de classe contemporaine.

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Festival d’Aix-en-Provence (Archevêché)

Voici un domaine sur lequel nous avons toutes et tous, probablement, une multitude de choses à dire. Les uns parce que pratiquant à leur niveau une activité culturelle ou artistique, les autres, catégorie dans laquelle je me reconnais plus volontiers, parce que spectateurs, auditeurs et téléspectateurs assidus.

Ainsi, nombreux, nous participons à la consommation de biens culturels de masse ou de niche (vous noterez au passage la parfaite juxtaposition des termes de la novlangue de rigueur dans le business model que les élites veulent nous faire gober).

Par notre utilisation quotidienne et routinière de la radio, télé ou même internet, nous sommes, sans même nous en rendre compte, des consommateurs assidus de la production issue du travail des intermittents du spectacle. Du journal de 20h impossible à réaliser sans les caméramans, techniciens, ingénieur son et bien entendu … le mauvais acteur qui le présente, au film du soir ou le documentaire sur les conditions de vie des caïmans en Papouasie orientale, rien ne serait possible sans eux !

Nous sommes toutes et tous heureux d’écouter de la musique, de regarder un film, de voir une pièce de théâtre ou de voyager avec un spectacle de danse. Le temps se met en suspens, nos idées s’allègent, notre quotidien disparaît pour laisser place à une autre vie.

Une vie sans art ne serait rien. Mais alors,  peut-être faudrait-il que celles et ceux qui rendent tout cela possible puissent eux aussi vivre dignement, non ?

 

Webserie Assassin's creed

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L’art sous toutes ses formes a toujours été un outil incroyable d’évolution. J’ai coutume de dire qu’une société est composée des artistes qui courent loin devant, suivie des intellectuels qui mettent en mots cet étalage de sentiments, de ressentis, d’intuitions et de nous autres qui « avançons » sur la voie du mieux vivre ensemble par l’action conjuguée de toutes ces énergies misent au service de l’intelligence collective.

N’étant pas devin, je ne saurai faire briller des étoiles dans vos yeux en vous décrivant ce que serait une société où l’art et la culture seraient considérés comme l’éducation ou la santé.

Je sais, par contre, que les sociétés où ils sont relégués au second plan et marginalisés sont les vestibules aux années les plus sombres de nos civilisations – et ce quelle que soit l’époque, le continent ou le régime politique en place.

Aujourd’hui, le gouvernement issu du parti socialiste (sic !) poursuit la politique initiée par son prédécesseur et enfonce encore un peu plus la tête sous l’eau des intermittents.

Nous le savons tous, la peur du lendemain est la méthode la plus sûre pour s’assurer le contrôle des gens. Ainsi, en précarisant encore un peu plus les intermittents du spectacle le pouvoir s’assure de garder le contrôle sur ces potentiels dangers au conformisme et à la bienséance. Ce faisant, il nous entraine au fond des cavernes dont l’espèce humaine a toujours eu à cœur de sortir pour regarder le soleil bien en face.

 

Spectateur solidaire

Spectateur solidaire

Lorsque l’éducation, la culture et l’art s’estompent, c’est l’obscurantisme qui reprend la main. Quand une école ferme, c’est une prison qui s’ouvre. Quand un film meurt, ce sont des yeux qui se ferment. Quand un livre brûle, un fasciste nait.

Voilà où leur politique d’austérité nous mène.

Nous savons, tout aussi bien, que la meilleure arme du pouvoir pour nous attaquer consiste à jouer sur nos divisions. Hier, la droite avait voulu diviser les fonctionnaires et les salariés du privé, aujourd’hui l’autre droite veut nous faire passer les intermittents du spectacle pour des privilégiés.

Voyez plutôt les offres d’emplois ci-jointes, elles illustrent à la perfection les conditions de travail et de reconnaissance de celles et ceux que l’on voudrait nous faire prendre pour des privilégiés ! Gageons que Mr Valls et Mme Filippetti et consorts auront besoin de beaucoup de talent pour nous faire avaler pareille couleuvre !

Nous avons chacun notre place dans cette lutte. Hier je n’étais pas cheminot, aujourd’hui je ne suis pas plus intermittent, je suis de la même classe, du même camp. Nous devons aider les intermittents comme hier nous aidions les cheminots et avant hier les Fralibs.

Oeuvrons aux convergences, distribuons leurs tracts, expliquons leur situation. Ce n’est que par cette voie-là que nous pourrons changer les choses pour les remettre enfin à l’endroit !

Pour poursuivre :