Et vous, vous avez peur ?


En Espagne, ils n’ont plus peur!

1 no tenemos miedo

En Espagne, ils n’ont plus peur, ils le clament haut et fort et c’est là que le gouvernement, héritier des années noires du franquisme a perdu la bataille. En Espagne, parce qu’une guerre civile, pas encore totalement enterrée, a saccagé le pays et mis à mal tant de familles, les gens n’ont guère peur de descendre dans la rue, une fois qu’ils ont compris que le système qui leur avait été vendu jusque là comme indépassable et annonciateur d‘un futur meilleur n’est en fait qu’une immense estafa.

Et pendant ce temps là, en France …

Désolé pour le dérangement, nous changeons le monde

Le gouvernement en place, issu d’un parti qui se dit socialiste, maintient les syndicalistes sous le joug du patronat et de ses cabinets d’avocats. En France, malgré un gouvernement que nous avons élu pour chasser le petit, et sa politique néolibérale, l’action syndicale est encore sujette à la menace de poursuites en justice.

Partout en France les conflits fleurissent et partout les ouvrier-es, les employé-es quelles que soient leurs boites sont soumis aux même pressions. Une des multiples raisons est simple à comprendre.

Si tu n’avais pas peur ? Que ferais-tu ?

Qui d’entre nous est habitué à se battre dans les tribunaux ? Qui d’entre nous a déjà saisi un avocat ? Oui, seuls, nous serions démunis face à de tels agissements. Cette bataille entre eux et nous n’a pas commencé hier. Elle est vieille comme la lutte des classes elle-même.

Leur premier objectif a consisté à nous désarmer. Pour cela, ils ont, par tout les moyens, voulu discréditer notre arme la plus puissante, la seule sur laquelle nous puissions compter : Nos centrales syndicales. Ils escomptaient ainsi créer des distances entre notre classe organisée et nous, pions isolés sur nos chaines de montages[1].

Pas de chance pour eux, nous sommes plus intelligents qu’ils ne peuvent l’admettre et nous savons pouvoir compter sur nos syndicats comme sur nos avocats, tel Maitre Amine Ghenim qui défend sans relâche nos camarades de Fralib. Oui, en nous attaquant en justice, ils ne veulent qu’une chose, nous faire passer pour des criminels. Ils sont à ce point persuadés que nous céderont, qu’ils ne reculent devant rien, jusqu’à traiter les plus courageux d’entre nous de Talibans ![2].

Dois-je traduire ?

Ils pensent profiter d’un effet d’aubaine. Ils croient que pendant que nous sommes plongés dans la bataille judiciaire, nous perdrions de l’énergie pour mener la bataille sur le fond des dossiers. Nous imaginant sots et butés, ils restent persuadés que nous ne saurions mener de front plusieurs dossiers. Les pauvres, savent-ils seulement de quoi nous sommes capables ? Savent-ils seulement que NOUS faisons tourner le pays ? Que sans nous et notre intelligence collective et individuelle ils ne seraient rien ?

Oui, ces attaques, cette judiciarisation de l’action syndicale vise bien plusieurs cibles : Notre capacité à nous rebeller malgré les risques, notre capacité à mener nos combats malgré les multiples fronts à tenir et enfin notre capacité à nous montrer solidaires des nôtres.

Voilà pourquoi la loi d’amnistie syndicale est si importante. Voilà pourquoi ceux d’entre les députés et sénateurs qui ne la voteront pas ne pourront jamais prétendre à être de gauche. Voilà aussi pourquoi, le gouvernement ne l’a pas proposé de lui-même et, enfin, voilà pourquoi la droite et sa composante à déficiance neuronales, l’extrême droite, ne veulent pas en entendre parler.

La loi d’amnistie de l’action syndicale changera le camp de la peur !

et pendant ce temps là …

recortes a la francesaAujourd’hui, en France, lorsque les grévistes se trouvent confrontés à des pratiques illégales[3] de la part des patrons, sans qu’aucune action en justice ne soit entreprise contre eux. Comment s’en étonner alors même que 11 ministres de ce gouvernement social-libérale se sont rendus la queue entre les jambes et la tête basse à leur université d’été ?!

Aujourd’hui, en France, un ministre visiblement plus fasciste que socialiste, règne au ministère de l’intérieur et ose inculper les ouvriers du pays, ceux-là même qui ont voté pour son chef, de voyous et de saboteurs de l’outil de production national !

Aujourd’hui, en France, la gardienne de la meute du patronat ose, en direct, à la télévision, devant des millions de téléspectateurs, durant l’émission le Grand Jury menacer explicitement les élus de la république de tout mettre en œuvre, avec ses complices, pour nuire à la nation républicaine.

Évidemment, nulle réaction du gouvernement à ces propos. Pas plus de réaction que n’en a eu Mr Ayrault pour la lettre de Mr Taylor le patron de Titan qui insultait les ouvriers français.

Ici en France, quelques syndicats minoritaires se compromettent avec nos ennemis de classe et signent un accord qui détruit les outils que les luttes de nos prédécesseurs nous avaient légués. Les accord made in MEDEF ne sont ni plus ni moins qu’une nouvelle arme donnée au patronat pour maintenir la classe ouvrière dans la peur.

Honte à ces syndicats qui ont osé collaborer avec nos ennemis de classe. Honte à la CFDT, honte à la CFTC, honte à CFE-CGC, honte enfin à Mr Ayrault. Ils peuvent être certains que nous n’oublierons pas.



[1] Ne te méprend pas camarade. Que tu sois sur une chaine de Renault, de PSA ou sur un « desk» à une table de trading, ta situation, ta positon est la même. Tu restes sur une chaine de montage, la seule chose qui change, est l’objet que tu montes.

[2] je vous invite ici à lire ou relire les billets que ma camarade Hélène Le Cacheux, membre du Bureau national du Parti de gauche, a écrit sur la lutte des Fralibs.

[3] Rappelez-vous du LockOut de l’usine de PSA d’Aulnay-sous-Bois. Vous pouvez lire pour plus d’infos le billet que j’ai publié sur le Cri du peuple, le blog du frangin Nath