le #14N et le 9 Décembre


Ainsi donc toute l’Europe Sociale se donne rendez-vous dans les rues alors que l’europe patronale se plaint encore et toujours du manque de confiance que les gouvernants, qu’ils aident pourtant, directement ou indirectement, à faire élire.

S‘agit-il de simples mouvements d’humeur ou au contraire d’une prise de conscience plus profonde ? Que devons-nous ou pouvons-nous entendre au fait que chaque pays après avoir élu, d’une manière plus ou moins convaincante, leurs dirigeants se retrouvent quelques mois après dans la rue pour leur signifier leur mécontentement ? D’un bout à l’autre du vieux continent les peuples défilent dans la rue pour rejeter le modèle que l’on tente de nous imposer.

Si, en France, la situation peut paraitre somme toute paradoxale aux yeux d’observateurs peu scrupuleux. Il n’en va pas de même pour ceux qui analysent la situation d’un peu plus près. Voilà un pays qui, après un quinquennat d’une droite réactionnaire et libérale comme peu l’ont été avant elle, décide, de justesse, mais décide tout de même, de se débarrasser du fossoyeur du modèle sociale en place depuis la dernière guerre mondiale[i] et élit à sa place, le patron d’un parti socialiste à l’arrière garde[ii] de la social-démocratie européenne. Ici, en France, la « gôche » de kermesse prend le pouvoir et ici, en France, le peuple d’une Gauche de transformation prend la rue moins de 6 mois après l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement.

En observant plus précisément la situation, on comprend facilement les réactions. En France, grand nombre de « pauvres » ou « laissés pour compte » ont cru naïvement au « travailler plus, pour gagner plus » de l’ancien régent. Mais voilà, le lièvre a été levé et les excès d’une droite toujours plus hautaine et dédaigneuse ont tôt fait de lasser le commun. Ailleurs en europe, ceux sont les trahisons à répétition, de gouvernement supposément de gauche, qui ont mené les citoyens à préférer leur adversaires politique. En Espagne, le PP a ravit a place au PSOE mais la politique reste la même. EN Grèce, fleuron du modèle social-traitre, le PS local fait alliance avec la droite libérale pour tenter d’enterrer SIRYZA, le “Front de gauche » Hellène. Ici, en France, la première décision que prendra le gouvernement de la « gôche de kermesse » sera de trahir sa parole et ce qui est bien pire encore son «électorat.

Zapatero en Espagne, Papandréou en Grèce, Hollande en France, combien de fois les partis « frères » socialistes trahiront-il le peuple de gauche ? Combien de temps encore, cette illusion de socialisme réussira-t-elle à étouffer les aspirations, légitimes, d’un nombre de plus en plus grand de citoyens européens à vivre dans une société plus juste ? En France, le gouvernement a vendangé le modèle social Français en adoptant, sans aucun débat nationale, répudiant ainsi une première fois sa parole, le dernier traité à la mode, le célèbre TSCG négocié entre Merkel et Sarkozy. Sacrifice rituel sur l’autel d’une europe toujours plus libérale et de moins en moins pacifiste, n’en déplaise aux cyniques qui lui ont octroyé le prix nobel de la paix. Nous étions plus de 80.000 dans les rues pour rappeler à Mr Hollande ses engagements de campagne et bien sachez, mes amis, mes camarades, que nous sommes moins entendus que les 98 pigeons qui se gavent sur notre dos chaque heure qui passe.

Belliqueux ? Non. Déçu ? Non plus. Alors pourquoi tenir de tels propos ? Parce qu’une vision politique, une certaine idée de la vie en société méritent d’être défendues pied à pied. Que l’adversaire soit estampillé de droite, comme l’est le PP en Espagne ou l’UMP en France ou qu’il se déguise en fausse gauche comme cela est le cas à travers toute l’europe sous le pseudo de « parti socialiste ». Nous devons alerter sur les risques et dangers qu’ils portent avec eux. Voilà longtemps que les « socialistes » ne sont guère plus que des sociaux-démocrates ( ce qui dans ma bouche peu facilement s’apparenter aux sociaux-traitres d’antan). En France, n’est-ce pas un gouvernement socialiste qui a ouvert le marché du travail aux contrats précaires en autorisant les agences d’intérim ? Le résultat ne s’est pas fait attendre, quelques années plus tard le nombre de contrats de travail à durée déterminée a explosé et aujourd’hui, quelques décennies plus tard, le CDI est remis en cause ! L’effet papillon, de petits renoncements en petits renoncements, nous perdrons tout.

Alors que faire ? Se battre bien entendu ! Ne plus résister mais contre-attaquer. « Resistance ! » entendons-nous lors de nos rassemblements, grèves, manifestations, meetings et que sais-je encore. Et bien je ne suis pas d’accord. Je ne veux pas me contenter de résister. Ce verbe là, se conjugue au passé. La résistance c’est admettre que nous sommes en situation de faiblesse. Que nous tendons le dos en attendant une occasion. Et bien l’occasion, nous devons la saisir partout et à tout moment. Dans nos vies de tous les jours, au travail comme dans les magasins les fins de semaine.

S’organiser pour lancer la contre-attaque. Voilà ce que vient de faire le Parti de Gauche lors de la présentation de son contre-budget pour la patrie républicaine. Personne n’est oublié. Avec ou sans papiers, avec ou sans parents français. Si tu vis en France, tu as les mêmes droits que n’importe quel autre. Quelle que soit ta nationalité, ta couleur de cheveux ou de peau, ton orientation sexuelle ou spirituel. Tu es l’égal de ton voisin comme de celui qui réside à l’autre bout du territoire national. Le parti de gauche, et j’en suis fier, a lancé la contre-attaque, seule voie pour conquérir le pouvoir et rendre ce monde moins brutal et sauvage.

Tout cela pèse peu si nous ne sommes pas en mesure de montrer dans les instances de la République quelle est notre ligne politique. C’est pour cela qu’il est indispensable que de mener de front plusieurs batailles. Bien entendu la bataille idéologique des mots et des concepts. Un exemple simple pour illustrer ce qu’il nous faut faire. La droite fonde sa propagande sur les instincts et les pulsions de chacun avec un allié de taille, la médiacratie. Ainsi lorsqu’elle a lancé son fameux et fumeux concept du « Travailler plus, pour gagner plus » nous aurions du immédiatement les remercier. Oui, les remercier car justement le partage du travail, comme celui de toutes les richesses, est à la base de notre pensée politique. Ainsi le « travailler plus » ne revenait-il pas à dire, « partageons alors le travail et de facto, étant plus nombreux, à travailler, nous pourrons produire plus »[iii] ? Si nous produisons plus de biens, ne gagnerions-nous pas, collectivement, plus ?

Acette bataille quotidienne, nous devons ajouter la bataille politique. Pour cela nous devons élire et faire élire les nôtres dans les conseils municipaux, dans les conseils généraux ou régionaux comme à l’Assemblée nationale. Sans ces portes paroles, notre message politique pourra être brouillé à l’envie par nos adversaires et notre « conscience de classe » pourra à chaque moment être sujette à caution. Parce que nous sommes un danger pour le système établi, nos adversaires savent s’allier contre nous laissant la part belle à celle qui ne les menace nullement. De tout temps, les régimes fascistes et les forces brunes ont œuvées de paire avec les puissances de l’argent. Aujourd’hui, ils voudraient nous faire croire le contraire. Ils ne sont que de faux frères qui jouent avec nous comme ils jouent avec les milliards à la bourse. Voyez comment  Coppé joue la carte de l’alliance avec l’extrême droite là où, son concurrent d’un jour joue les vierges effarouchées. Ne nous laissons pas abuser. La droite comme l’extrême droite sont des alliées du capital. La différence entre elles ne tient pas à grand choses. L’une comme l’autre considère que le peuple n’a pas sa place à la table du pouvoir. Nous sommes bons, d’après elles, qu’à les servir et trimer à leur confort. La lutte des classes existe et, clairement, elles ne se battent pas pour la notre.

Alors demain, le #14N, dans les rues d’Europe, comme ensuite le 9 Décembre, dans les urnes, nous devons clairement faire entendre notre voix. Je serai le 14N dans la rue et le 15 je serai à Antony ou Bourg la Reine ou Châtenay-Malabry ou dans n’importe quelle autre ville de la 13e circonscription des Hauts de Seine, aux côtés de Pascale Le Néouanic qui se présente pour le Front de Gauche à l’élection législative. Car dans les Hauts-de-Seine, comme dans beaucoup d’autres endroits en France, la droite joue et triche avec les règles de la République. Alors ici, comme n’importe où ailleurs en France, nous, les militants du Front de gauche ne laisserons pas passer la moindre occasion de faire mordre la poussière à cette droite arrogante et vulgaire qui se croit en terrain conquis.

Alors les amis, venez faire campagne aux côtés de Pascale Le Néouanic, pour vous, pour une certaine idée de la gauche et pour la victoire des valeurs de partage et de justice sociale.


[i]           Un modèle social en place n’est rien, s’il n’est pas jugé ç l’aune de ce qui lui a donné naissance. En l’espèce, à la fin de la seconde guerre mondiale, la question s’est posée de comprendre ce qui avait pu rendre une telle tragédie possible. La conclusion n’a pas tardé. Les causes première sont une extrême misère et la nécessité pour tout un chacun d’accéder à des minimums vitaux. Notre système social est né pour éviter une chose, qu’une nouvelle guerre n’éclate ! Les nantis ont beau jeu alors de le surnommer « l’Etat providence ».

[ii]          Je dis bien arrière-garde car le parti socialiste français avait jusqu’ici échappé à la dérive « droitière » de ses partis frères. Après le psoe de Zapatero, qui a beau jeu aujourd’hui de descendre dans la rue alors qu’il a lui-même initié le tournant pro-austérité poursuivi par le PP dorénavant au pouvoir. Je n’ose à peine parler du parti socialiste Grec dirigé par le sinistre Papandréou qui mène son pays au purgatoire et ses concitoyens au fond de la tombe. Décidément même en cela, le parti socialiste n’est plus bon qu’à suivre le troupeau.

[iii]         Ne raccourcissez pas le propos. Produire plus ne se limite pas à produire plus de « voitures », de « stylos » ou de « rasoirs jetables ». Les biens ne sont pas que matériels. Lorsque nous avons plus de professeurs des écoles, plus de chercheurs, plus d’artistes, nous produisons plus de bien vivre ensemble.