#6Fevrier : 35000 à Marseille


35 000 ! Nous étions 35 000 hier matin à Marseille. 35000 salarié-es, chômeuses et chômeurs, étudiant-es  à manifester dans les rues de cité phocéenne.

Manifestation unitaire du 6Fevrier à Marseille

Alain, délégué Solidiaires de LFoundry et Olivier, délégué syndical CGT de Fralib à l’issue de la manifestation du #6Fevrier

Au delà du succès de la manifestation, ce qu’il faut relever est l’incroyable et méritée impopularité de la politique menée par les socialistes aux pouvoir. Pourtant, nous devrions être habitués ! De Mitterrand à Hollande, les gouvernants issus de ce parti n’ont eu de cesse que de trahir la parole donnée et, par conséquent, leur classe, ou du moins celle qu’ils prétendent ou prétendaient servir.

les raisons d'un NON

par Léo Figuères maire de Malakoff,
conseiller général des Hauts-de-Seine
Septembre 1992

Nous ne pouvons oublier que Mitterrand a impulsé le traité de Maastricht matrice de tous les tenants d’une politique prônant l’austérité, à l’époque ils nous parlaient de rigueur. Cette avancée majeure du capitalisme et la déréglementation du marché du travail qui s’en est suivie est lourde de conséquences. Conséquences que nous mesurons aujourd’hui.

François Hollande, avec l’ Accord National Interprofessionnel ne fait, en l’espèce, que suivre la route tracée par son « illustre » prédécesseur.

Certes, Lionel Jospin prit à sa charge la diminution du temps de travail, mais à quel prix ! Rappelez-vous dans quelles conditions de totale improvisation une telle mesure a été prise. Cette mesure s’est ainsi transformée non pas en l’avancée sociale qui devait marquer la victoire de notre camp sur celui de la réaction, mais, au contraire, a provoqué une énième détérioration des conditions de travail, puisque laissant seuls les salarié-es face au patronat[i] et les livrant encore un peu plus à la flexibilité largement initiée par « tonton ».

Aujourd’hui, il est temps que notre classe reprenne le pavé et chasse du pouvoir les pleutres qui nous gouvernent et renvoient par la même occasion les chiens de garde du capital dans leur niche.

Si ces derniers mois et jours les fascistes, rétrogrades et petites cervelles qui les accompagnent ont cru qu’ils représentaient une part de notre population, il est grand temps de leur faire mordre la poussière. 6Fevrier-Marseille-08

Nous le savons ou devrions le savoir, celles et ceux, indécis ou qui ne s’intéressent que peu à la chose publique, peuvent se laisser aller à écouter l’air du vent, se laisser convaincre par la « vox populi » soigneusement préparée et insidieusement propagée par les médias au service des forces de l’argent. Le système médiatique est si puissant qu’il peut rendre « majoritaire » une idée conçue en « laboratoire ». Et nous le savons, tout aussi bien, les forces réactionnaires sont l’ultime rempart des puissants pour empêcher que les sans paroles ne prennent le contrôle sur leurs existences.

Voilà pourquoi, il est si important de battre le pavé, non pour prendre le pouvoir à l’issue d’une marche, mais pour créer de la conscience à l’issue d’une manifestation.

Voilà pourquoi il est si important de choisir soigneusement les mots d’ordre d’appel à la grève ou à la manifestation. Non pour révéler la vérité, mais pour semer des graines de conscience.

Voilà pourquoi il est impératif de réfléchir minutieusement au choix des mots. Parce qu’ils portent en eux une puissance qui va au-delà de leurs sens premiers. Parce qu’ils portent en eux le futur que nous proposons, le passé dont nous nous inspirons et le présent dont nous nous nourrissons.

Ces raisons sont celles qui nous ont poussés, ici, à Marseille, non à créer une opposition, fut-elle de gauche, qui ne ferait que résister, mais bien à créer une convergence qui porte en elle la riposte.

Une riposte à la politique prônée par la commission européenne, établie par la Troïka UE-BCE-FMI et mise en œuvre par les serviteurs zélés locaux, PS ou UMP en France, PSOE ou PP en Espagne, PASOK ou Nouvelle Démocratie en Grèce, PSD ou SPD en Allemagne.

Une riposte aux provocations et à l’animalerie des chiens de garde du système qui du FN en France à Aube dorée en Grèce en passant par les Phalanges en Espagne ou le NPD en Allemagne croient que la rue est à eux.


[i] Et, il n’est de pire employeur que l’état bourgeois, voyez ainsi les conditions de travail dans le secteur de la santé par exemple.

Vidéos de la manifestation

Galerie photo du cortège