Lipton : Les raisons d’un Boycott


Plusieurs raisons me poussent à écrire le présent billet

La première d’entre elles, par ordre chronologique, est la demande faite par mon camarade Jean-Luc Varin, co-animateur de la commission ESS du Parti de gauche, en réponse au mail que j’avais envoyé avec en lien mon article précédant « Soyons sérieux. Boycottons Lipton ! »[i] Dans ce mail, j’appelle l’ensemble des camarades du pôle « Alternatives concrètes » à se joindre massivement à la campagne de boycott et à faire circuler l’information à l’ensemble de ses réseaux – ne soyez donc pas surpris, si un tel appel vient à vous, par d’autres biais que ce blog. Jean-Luc, à raison, me répond que cet appel dépasse largement notre simple pôle pour interpeler l’ensemble des camarades du Parti de gauche. Mais pour cela, il est nécessaire de préparer un document, pour expliquer les raisons d’un tel appel au boycott. Je suis d’autant plus d’accord avec lui, que nous avions évoqué ce point avec les camarades de Fralib présents vendredi et samedi derniers à Montreuil. Par ce billet, je vais tenter d’apporter ma pierre à l’édifice.

Mais avant cela je voudrais vous parler un peu d’aujourd’hui et vous verrez, je ne serai pas si loin que cela de mon propos initial …

Une bonne nouvelle

Gérard Cazorla

Gérard Cazorla

Et elle est d’importance. Le tribunal s’est prononcé et à déclarer la relaxe de notre camarade Gérard Cazorla. Je ne reviendrai pas sur les raisons pour lesquelles, Gérard était jugé, j’avais eu, à la veille de son passage au tribunal de Nanterre l’occasion de vous les rappeler dans l’article/appel « Le procès de l’un des nôtres » que j’avais pris l’initiative de lancer. Je vous invite à lire à ce sujet l’article publié sur le site de nos camarades de Fralib « Fralib vivra » et à vous inscrire sur la liste de diffusion de nos camarades pour obtenir les informations de 1ère main et à les diffuser sur vos réseaux.

Et tant de mauvaises

Allée des délégations en lutte

Allée des délégations en lutte

Aujourd’hui, vous le savez certainement, Mr François Hollande, président de la République était en visite à Marseille. Pour l’occasion France Inter a délocalisé ses émissions, du moins, la matinale, puisque c’est la seule que je peux écouter avant de me rendre au bureau. Par contre je suis pratiquement certain, que vous n’avez rien entendu, ou si peu, sur l’accueil que lui ont réservé nos camarades salarié-es et ouvrier-ères en lutte.

Où sont les socialistes ?

Où sont les socialistes ?

Là-bas, dans le sud, la région est sous l’emprise d’un cataclysme sans nom. Les boites délocalisent les unes après les autres et les services publics comme la santé ne sont pas à meilleure fête. Voyez un peu la liste : Arkema, Kem One, les Centres Mutualistes, l’Hopital Montperrin, Lyondell, Air France et … nos camarades de Fralib !

Nous devons à mes camarades Hélène et Dominique d’avoir quelques photos et bientôt, j’en suis certain, un compte rendu de cette nouvelle journée d’action.

Mais le plus important dans cette journée, c’est le fait qu’elle doive avoir lieu pour accueillir un président qui s’est dis socialiste ! Vous rendez-vous compte ?!

Montperrin en grève

Montperrin en grève

Un hôpital, des centres mutualiste obligés de se rappeler au président, socialiste (?), de la République française pour réclamer leur permanence ! Des personnels soignants en lutte pour défendre le droit aux soins pour tous sous un gouvernement de gauche ?

Des ouvrier-ères obligés de manifester devant un président socialiste pour exiger de celui-ci qu’il fasse son boulot et permette à ces derniers de maintenir leur travail ?

Pour seuls intermocuteurs

Pour seuls intermocuteurs

Les salarié-es d’Arkema et de Kem One ont des propositions fiables, sérieuses et d’une importance capitale pour la survie d’une stratégie industrielle en France et pas seulement sur le bassin d’emploi de l’Etang de Berre. Savez-vous que les dirigeants de Kem One forcent déjà leurs clients à renégocier les contrats portant sur la potasse ? Savez-vous que nombre de dirigeants de sociétés espèrent que les syndicalistes de Kem One comme d’Arkema tiendront bon et gagneront le maintient de leur activité ? La raison en est simple. Si ces deux industries ferment, c’est la fin de la production de potasse en France et sans potasse … Alors les cours flamberont puisque le prix de la matière sera incrémenté de celui du transport! Une augmentation qui annonce la fermeture de nombre de sociétés. Alors pour pallier à cela, les salariés de Kem One et d’Arkema porte le projet d’un consortium national de la pétrochimie. Consortium composé de l’Etat, des sociétés clientes et de leur propre société établie en Scop !

Nos camarades de Fralib étaient là eux-aussi. Ils ont un projet, celui de reprendre l’activité à leur compte. Pour cela, ils ont déjà franchi les premières étapes. La communauté d’agglomération marseillaise s’est portée acquéreur du terrain, des murs et des machines. Eux-mêmes ont déposé les statuts de la Scop T.I. qui assurera la production des thés et infusion « Thé l’Eléphant ». Il ne reste donc plus que quelques étapes qui requiert une négociation avec la multinationale UNILEVER.

Que demandent donc nos camarades de Fralib ?

La marque Thé L’Eléphant. A celles et ceux qui se demandent bien à quoi cela peut servir, je répondrai en quelques lignes. Une marque est un gage de qualité, de confiance et d’habitude. A titre d’exemple sachez qu’UNILEVER avait l’intention de faire disparaître la marque Thé l’Eléphant et que pour ce faire, une stratégie sur plus de 5 ans avait été mise en place. Le procédé était certes simple mais au combien fragile. Pour celles et ceux d’entrevous qui étiez des habitué-es de la marque souvenez-vous. Sur les paquets, il y a 5 ans l’éléphant apparaissait en grand et le logo Lipton en tout petit. Et bien durant 5 ans les proportions entre les 2 logos n’ont eu de cesse de s’inverser et c’est ainsi qu’il y a peu, l’éléphant avait totalement disparu des paquets. Alors si pour remplacer une marque connue par une autre tout aussi connue l’entreprise est longue et périlleuse pour un groupe aux moyens aussi importants que ceux d’Unilever, imaginez ce qu’il peut en couter à une Scop aux moyens limités pour imposer une nouvelle marque !

Une garantie des volumes pour lancer l’activité de la Scop et assurer en quelques sortes qu’il n’y ait pas d’ententes entre les mastodontes du domaine pour couler artificiellement la Scop T.I comme cela a déjà eu lieu avec le projet de reprise de Net cacao. L’entreprise serait facile pour une multinationale de faire monter artificiellement les coûts de la matière première ou de baiser tout aussi artificiellement le prix de ses propres produits sur les rayons des supermarchés le temps d’asphyxier un « concurrent » qui lui aurait damné le pion. Et ne venez pas me dire que la concurrence libre et non faussée garantie par le TCE veille à garantir l’équité … Les ententes entre opérateurs téléphoniques et d’autres acteurs industriels suffisent à nous convaincre du contraire !

Une participation à la formation des ex-salariés de Fralib pour le lancement de la Scop TI. Fralib et Unilever ont avantageusement profité des aides versées par l’Etat pour leur implantation. Il est donc tout à fait normal qu’à leur tour Fralib comme Unilever rendent une aprtie des aides perçues et que ces fonds viennent profiter à la communauté par la formation des futurs salarié-es –associé-es de la Scop T.I. Il s’agit là de pratiques normales et courantes lorsqu’une session d’activité à court entre 2 sociétés. Cette demande est donc tout à correcte et n’ampute en rien les marges hautement bénéficiaires d’Unilever.

Voici en quelques mots les principales demandes de nos camarades. Vous le constatez vous par vous-même, elles n’ont rien d’irréel. Elles ne sont en rien choquantes et surtout elles permettront à 180 salarié-es de maintenir une activité industrielle dans la région. La richesse ainsi produite dépasse largement le cadre de la Scop T.I. et s’étend à l’ensemble du bassin de vie des Bouches du Rhône.

A toutes ces demandes le groupe Unilever fait la sourde oreille, ne veut pas discuter et refuse toute négociation et table ronde proposée depuis 3 ans par les salarié-es et par la communauté d’agglomération de Marseille. De plus, le groupe Unilever méprise la justice française et use du harcèlement juridique envers nos camarades. Je vous laisse visionner de nouveau la conférence de presse tenue devant le tribunal des Prud’homme de Marseille pour que vous compreniez bien les méthodes des dirigeants d’Unilever.

Soyons sérieux, Boycottons Lipton !

Soyons sérieux, Boycottons Lipton !

Ajoutons à cela que l’allié naturel de nos camarades, le gouvernement de « gauche » actuellement au pouvoir se dédit de sa parole et des promesses faites durant la campagne présidentielle. François Hollande, alors candidat, s’était clairement prononcé pour la réquisition de la marque. Le camarade Arnaud Montebourg, à l’époque candidat à la primaire socialiste, avait lui aussi fait des promesses et, une fois ministre, s’est déclaré favorable à la production française. mais aujourd’hui, alors que nos camarades se battent toujours, personne au gouvernement n’accomplit son devoir.

Alors, parce que 100 salarié-es pour aussi déterminé-es qu’ils soient ne peuvent lutter seul-es face à un mastodonte de l’industrie internationale, il est impératif que nous soyons à leurs côtés. Bien entendu en écrivant des billets sur nos blogs, en leur témoignant notre soutien lors des manifestations, en distribuant des tracts, en participant à tel ou tel concert de soutien. Mais le plus important est de faire pression sur les dirigeants du groupe UNILEVER. Or ces gens ;à ne comprennent qu’une chose, l’action en bourse qui est directement lié au chiffre d’affaire.

Aussi, soyons sérieux, Boycottons Lipton et tous les produits d’UNILEVER.

Popularisons la campagne de Boycott de Lipton ! Sur Twitter avec #BoycottLipton et sur FB avec les pages Boycottons Lipton qui veut fermer Fralib à Aubagne et la page Fralib


[i] Dans celui-ci je reviens sur la création de la Cie Naje et où je mets l’accent sur la nécessité pour chaque militant sérieux de boycotter les thés Lipton et plus largement la gamme de produit de la multinationale UNILEVER.